Si vous souhaitez profiter d’une floraison généreuse et colorée du printemps jusqu’aux premières gelées, le pélargonium représente un choix incontournable pour vos balcons, terrasses et massifs. Communément appelé géranium dans le langage courant, le pélargonium se distingue pourtant botaniquement du vrai géranium vivace rustique. Cette plante emblématique des balcons fleuris affiche une générosité florale exceptionnelle et une facilité de culture qui séduisent aussi bien les jardiniers débutants que les passionnés confirmés.
Le pélargonium originaire d’Afrique du Sud s’épanouit sous notre climat tempéré où il est cultivé comme plante annuelle ou semi-rustique. Ses fleurs regroupées en ombelles généreuses se déclinent en une palette infinie de couleurs : rouge, rose, blanc, violet, orange, bicolore. Selon notre expérience, cette plante tolérante à la sécheresse et peu exigeante offre un rapport satisfaction-effort exceptionnel, à condition de respecter quelques principes de base essentiels à sa réussite.
Les principales variétés de pélargoniums
Le genre Pelargonium compte plus de 200 espèces botaniques et plusieurs milliers de cultivars issus de croisements. Nos spécialistes vous présentent les quatre grands groupes qui dominent le marché horticole.
Le pélargonium zonale : le classique des balcons
Le pélargonium zonale (Pelargonium x hortorum) constitue la variété emblématique des balconnières fleuries. Reconnaissable à ses feuilles arrondies marquées d’une zone plus foncée en forme de fer à cheval, il forme des touffes dressées compactes de 30 à 40 cm de hauteur.
Ses fleurs simples, semi-doubles ou doubles se regroupent en boules spectaculaires portées par de longues hampes florales au-dessus du feuillage. Les coloris exceptionnellement variés permettent toutes les compositions : rouge vif, rose tendre, blanc pur, saumon, orange, pourpre, et même bicolore.
Le port érigé et compact du zonale convient parfaitement aux jardinières, potées et petits massifs. Sa croissance rapide et sa floraison précoce dès avril-mai en font le favori pour des résultats immédiats. Certaines variétés à feuillage panaché (vert et crème, bronze, tricolore) ajoutent un intérêt décoratif supplémentaire même hors floraison.
Utilisation idéale : Balconnières, jardinières, potées individuelles, massifs estivaux en pleine terre, bordures fleuries.
Le pélargonium lierre : la cascade fleurie
Le pélargonium lierre (Pelargonium peltatum) se caractérise par son port retombant spectaculaire qui peut atteindre 60 à 80 cm de longueur. Ses feuilles charnues et brillantes rappellent effectivement celles du lierre, d’où son nom vernaculaire.
Les tiges souples et traînantes se parent de fleurs simples ou doubles groupées en bouquets légers qui semblent flotter au-dessus du feuillage. La palette de couleurs rivalise avec celle du zonale : blanc, rose, rouge, mauve, violet, pourpre, bicolore. Les variétés à fleurs doubles comme ‘Roi des Balcons’ présentent une opulence florale remarquable.
Le pélargonium lierre supporte mieux que le zonale les expositions légèrement ventées grâce à ses tiges flexibles. Son feuillage cireux résiste également davantage aux intempéries et à la sécheresse. Cette rusticité en fait un choix privilégié pour les situations exposées.
Utilisation idéale : Suspensions, jardinières hautes, balconnières retombantes, murets, talus, couvre-sol fleuri en climat doux.
Le pélargonium grandiflorum : l’aristocrate
Le pélargonium à grandes fleurs ou pélargonium des fleuristes (Pelargonium grandiflorum) éblouit par ses fleurs spectaculaires de 5 à 8 cm de diamètre, souvent bicolores avec des macules sombres sur les pétales supérieurs. Ces motifs rappellent les pensées, d’où son surnom de « géranium pensée ».
Son feuillage plissé, denté et légèrement odorant diffère nettement des autres pélargoniums. Le port dressé atteint 40 à 50 cm de hauteur. La floraison intense mais plus brève que ses cousins (avril à juillet) se concentre au printemps et début d’été.
Cette variété se montre plus délicate et exigeante que les précédentes. Elle craint davantage la chaleur excessive et apprécie une exposition moins brûlante. Les arrosages doivent être plus attentifs car elle tolère mal la sécheresse prolongée.
Utilisation idéale : Potées décoratives pour terrasse et balcon, culture en intérieur lumineux, compositions printanières sophistiquées.
Les pélargoniums odorants : le charme aromatique
Les pélargoniums odorants regroupent plusieurs espèces dont le feuillage dégage des parfums variés lorsqu’on le froisse : rose (P. graveolens), citron (P. crispum), menthe (P. tomentosum), pomme (P. odoratissimum), cola, gingembre. Ces essences ont d’ailleurs inspiré l’industrie de la parfumerie.
Leurs fleurs plus petites et discrètes que les autres pélargoniums restent secondaires, l’intérêt résidant principalement dans le feuillage aromatique aux formes découpées très décoratives. La croissance vigoureuse atteint 50 à 80 cm selon les espèces.
Ces variétés s’utilisent tant pour l’ornement que pour la cuisine et les tisanes. Les feuilles fraîches parfument desserts, boissons, infusions et pots-pourris. Leur culture s’apparente à celle d’une plante aromatique classique.
Utilisation idéale : Potées aromatiques, jardins sensoriels, potager aromatique, bordures parfumées, répulsif naturel contre certains insectes.
Plantation du pélargonium : réussir la mise en place
La plantation correcte conditionne largement la vigueur et la floraison de vos pélargoniums. Nos professionnels vous guident étape par étape dans cette opération fondamentale.
Période de plantation optimale
| Région | Plantation pleine terre | Plantation en pot | Fin de gelées |
|---|---|---|---|
| Méditerranée | Mi-mars à fin avril | Mars à mai | Mi-mars |
| Sud-Ouest | Début avril à mi-mai | Mars à mai | Début avril |
| Ouest et Centre | Mi-avril à fin mai | Avril à juin | Mi-avril |
| Nord et Est | Début mai à début juin | Avril à juin | Début mai |
| Montagne | Mi-mai à mi-juin | Mai à juin | Mi-mai |
Attendez impérativement que tout risque de gelée soit écarté avant toute plantation en extérieur. Le pélargonium ne tolère absolument pas le gel et périt dès -1°C. En pot, vous pouvez planter plus tôt en conservant les contenants à l’abri jusqu’aux beaux jours.
Choix de l’exposition et du sol
Le pélargonium exige une exposition ensoleillée pour s’épanouir pleinement. Un minimum de 6 heures de soleil direct quotidien garantit une floraison généreuse et des plants compacts. À l’ombre ou mi-ombre, la plante s’étiole, fleurit peu et devient sensible aux maladies.
Paradoxalement, en climat méditerranéen très chaud, une ombre légère aux heures les plus brûlantes (14h-17h) préserve les fleurs qui peuvent griller sous un soleil trop intense. Un emplacement au sud ou sud-ouest reste idéal dans la majorité des régions françaises.
Le pélargonium s’accommode de tous types de sols pourvu qu’ils soient parfaitement drainants. L’humidité stagnante provoque rapidement la pourriture des racines et du collet, principale cause de mortalité. En sol argileux compact, incorporez généreusement du sable grossier, du gravier ou des billes d’argile expansée.
Un sol modérément riche convient parfaitement. Les terres trop riches en azote favorisent le feuillage au détriment de la floraison. Un pH neutre à légèrement acide (6,5 à 7,5) reste optimal, mais le pélargonium tolère une large gamme.
Plantation en pot et jardinière
Choisissez des contenants percés de trous de drainage généreux. Un pot de 18 à 25 cm de diamètre accueille confortablement un plant de pélargonium zonale. Pour les variétés retombantes, privilégiez jardinières et suspensions d’au moins 20 cm de profondeur.
Préparez un substrat drainant composé de :
- 50% de terreau pour géraniums ou plantes fleuries de qualité
- 30% de terre végétale ou terreau universel
- 20% de matériau drainant (sable, perlite, pouzzolane)
Installez une couche drainante de 3 à 5 cm de billes d’argile au fond du contenant avant de remplir avec le mélange. Déposez le plant en conservant le haut de la motte 1 à 2 cm sous le rebord du pot pour faciliter l’arrosage. Comblez les espaces, tassez légèrement et arrosez copieusement.
Espacez les plants de 25 à 30 cm en jardinière pour leur laisser l’espace de se développer harmonieusement. Une plantation trop dense favorise les maladies et affaiblit la floraison.
Plantation en pleine terre
Travaillez le sol sur 25 à 30 cm de profondeur à la fourche-bêche en éliminant soigneusement les mauvaises herbes vivaces. Incorporez du compost bien décomposé (3 à 5 litres par m²) et du sable si nécessaire pour améliorer le drainage.
Creusez des trous de plantation de 20 cm en tous sens, espacés de 30 à 40 cm selon la variété. Démottez délicatement le plant sans casser la motte racinaire, grattez légèrement les racines périphériques pour les libérer.
Installez le plant sans enterrer le collet qui doit affleurer au niveau du sol. Un enterrement excessif favorise les pourritures fongiques. Comblez avec le mélange terre-compost, tassez avec les mains pour éliminer les poches d’air et arrosez généreusement (3 à 5 litres par plant).
Paillez légèrement le pied avec un paillis fin (3 cm maximum) en conservant un espace de 5 cm autour du collet pour éviter l’humidité stagnante à ce niveau sensible.
Arrosage du pélargonium : trouver le juste équilibre
L’arrosage constitue probablement le geste cultural le plus délicat à maîtriser pour le pélargonium. Cette plante originaire de régions sèches tolère bien mieux un manque qu’un excès d’eau. Nos experts vous livrent leurs meilleures pratiques.
Principes généraux
Le pélargonium fonctionne selon le principe « moins c’est mieux ». Un arrosage modéré stimule la floraison et renforce les plants, tandis qu’un excès provoque un développement végétatif excessif au détriment des fleurs et favorise les maladies cryptogamiques.
Laissez systématiquement le substrat sécher légèrement en surface entre deux arrosages. Enfoncez votre doigt sur 3 à 4 cm : si la terre est fraîche, attendez. Si elle est sèche, arrosez. Cette vérification tactile reste plus fiable que tout calendrier préétabli.
Arrosez toujours au pied, jamais par aspersion sur le feuillage. L’eau stagnante sur les feuilles favorise le développement de maladies fongiques comme le botrytis et la rouille. Privilégiez les arrosages matinaux qui permettent au substrat de sécher durant la journée.
Fréquence selon les conditions
En pot et jardinière : Durant la période de croissance active (mai à septembre), arrosez tous les 2 à 3 jours en situation ensoleillée et chaude. Par temps couvert et frais, espacez à 4-5 jours. Un contenant plus grand nécessite des arrosages moins fréquents qu’un petit pot qui se dessèche rapidement.
Vérifiez 15 minutes après l’arrosage qu’aucune eau ne stagne dans la soucoupe. Videz systématiquement l’excédent pour éviter l’asphyxie des racines. En période caniculaire, un arrosage quotidien peut s’avérer nécessaire pour les petits contenants en plein soleil.
En pleine terre : Le pélargonium bien installé supporte remarquablement la sécheresse. Arrosez copieusement une fois par semaine en l’absence de pluie durant le premier mois suivant la plantation. Ensuite, espacez à un arrosage tous les 10 à 15 jours, voire uniquement lors de sécheresses prolongées.
Arrosage en période de repos
Dès septembre-octobre, réduisez progressivement les apports en eau pour préparer les plants à leur repos hivernal. Les pélargoniums hivernés à l’abri nécessitent très peu d’eau durant la saison froide.
Maintenez le substrat juste légèrement humide, arrosant modérément une fois toutes les 2 à 3 semaines seulement. Le feuillage peut flétrir légèrement, c’est normal et souhaitable pour induire le repos. Un excès d’eau hivernal provoque des pourritures fatales.
Reprenez progressivement les arrosages réguliers en mars-avril lorsque la végétation redémarre avec l’allongement des jours.
Fertilisation : nourrir la floraison généreuse
La floraison ininterrompue du pélargonium durant 6 à 7 mois consomme énormément d’éléments nutritifs. Un apport d’engrais régulier s’avère indispensable pour soutenir cette production florale exceptionnelle.
Engrais de fond à la plantation
Incorporez au moment de la plantation un engrais organique à libération lente riche en azote qui stimulera le développement initial des plants. Une poignée de corne broyée, de sang séché ou d’engrais organique complet NPK 7-5-6 apporte les nutriments nécessaires aux 6 premières semaines.
En pleine terre, le compost bien décomposé (3 à 5 litres par m²) enrichit durablement le sol en matière organique. Cette base nutritive se complète ensuite par des apports liquides durant la saison.
Engrais de floraison
Dès l’apparition des premiers boutons floraux en mai, basculez vers un engrais liquide pour plantes fleuries riche en phosphore et potassium (type NPK 5-10-10 ou 6-12-18). Ces éléments stimulent spécifiquement la formation et la tenue des fleurs.
En pot et jardinière : Apportez cet engrais liquide dilué dans l’eau d’arrosage toutes les semaines ou tous les 10 jours de mai à septembre. Respectez scrupuleusement les dosages indiqués par le fabricant, un surdosage brûlerait les racines.
En pleine terre : Un apport mensuel ou bimensuel suffit généralement, le volume de terre disponible constituant une réserve tampon. Arrosez toujours sur sol frais, jamais sur substrat sec qui concentrerait les sels minéraux.
Engrais spécial géraniums
Les engrais spécialement formulés pour géraniums présentent un ratio NPK optimisé pour cette plante gourmande. Leur richesse en fer, magnésium et oligo-éléments prévient les carences fréquentes qui jaunissent le feuillage.
Ces formulations complètes simplifient grandement la fertilisation et garantissent un équilibre nutritionnel parfait. Leur coût légèrement supérieur se justifie par les résultats nettement améliorés : floraison plus abondante, coloris plus vifs, plantes plus vigoureuses.
Alternez si vous le souhaitez engrais chimique et organique (purin d’ortie dilué à 10%, purin de consoude) pour combiner efficacité immédiate et amélioration de la vie biologique du sol.
Taille et entretien du pélargonium
Quelques gestes d’entretien réguliers prolongent et intensifient la floraison de vos pélargoniums tout en maintenant des plants compacts et esthétiques.
Suppression des fleurs fanées
Le deadheading (suppression des fleurs fanées) constitue le geste d’entretien le plus important et le plus rentable. Cette opération simple stimule la formation de nouveaux boutons floraux et prolonge considérablement la période de floraison.
Coupez régulièrement, idéalement 2 à 3 fois par semaine, les hampes florales complètement défleuries. Pincez ou coupez au sécateur propre juste au-dessus de la première feuille en descendant le long de la tige. Ne laissez jamais les ombelles fanées qui épuisent inutilement la plante en produisant des graines.
Cette opération améliore également l’esthétique générale en conservant un aspect soigné et vigoureux. Les fleurs fanées laissées en place favorisent aussi le développement du botrytis (pourriture grise) par temps humide.
Pincement des tiges
Le pincement des extrémités des tiges principales au début de la saison de croissance favorise la ramification et densifie le port. Cette technique produit des plants touffus et compacts plutôt que des sujets dégingandés.
Lorsque les jeunes plants atteignent 10 à 15 cm de hauteur, coupez l’extrémité de chaque tige principale sur 2 à 3 cm avec vos ongles ou un sécateur fin. Cette section stimule le départ de bourgeons latéraux qui formeront de nouvelles branches.
Répétez éventuellement l’opération sur ces tiges secondaires pour accentuer encore la ramification. Toutefois, chaque pincement retarde légèrement la floraison de 10 à 15 jours, trouvez le bon compromis selon vos priorités.
Taille de rajeunissement
En cours de saison, notamment après juillet, certains pélargoniums s’allongent et se dégarnissent à la base. Une taille modérée de rajeunissement redonne vigueur et compacité.
Rabattez les tiges dégarnies d’un tiers à la moitié de leur longueur en coupant juste au-dessus d’un nœud (point d’insertion d’une feuille). Cette intervention provoque le départ de nouvelles pousses vigoureuses depuis la base et relance une floraison abondante en fin d’été.
Nettoyage du feuillage
Supprimez régulièrement les feuilles jaunies, sèches ou abîmées qui épuisent inutilement la plante. Ces organes affaiblis constituent également des portes d’entrée privilégiées pour les maladies cryptogamiques.
Examinez le feuillage hebdomadairement et retirez délicatement les feuilles problématiques en les coupant au ras de la tige principale. Cette opération améliore la circulation de l’air au cœur du plant et réduit significativement les risques sanitaires.
Multiplication du pélargonium par bouturage
Le bouturage représente la méthode de multiplication la plus simple et la plus efficace pour le pélargonium. Cette technique permet de conserver vos variétés préférées d’une année sur l’autre et de multiplier gratuitement votre collection.
Période optimale de bouturage
Bouturage de fin d’été (août-septembre) : Cette période constitue le moment idéal pour bouturer vos pélargoniums. Les boutures racinées passeront l’hiver à l’abri et fourniront de beaux plants vigoureux au printemps suivant. Le taux de réussite atteint 80 à 90% grâce à la vigueur des tiges aoûtées.
Bouturage de printemps (mars-avril) : Vous pouvez également bouturer au printemps à partir de plants hivernés. Cette technique produit des plants utilisables dès l’été même, mais avec un développement moins important la première année.
Technique de bouturage pas à pas
Étape 1 : Sélectionnez des tiges saines, vigoureuses et non fleuries de 8 à 12 cm de longueur. Privilégiez des pousses latérales semi-aoûtées (ni trop tendres, ni complètement lignifiées). Prélevez les boutures le matin lorsque les tiges sont bien hydratées.
Étape 2 : Coupez juste sous un nœud avec un sécateur désinfecté ou un couteau bien aiguisé. Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure ainsi que les boutons floraux et fleurs éventuels. Ne conservez que 2 à 3 feuilles au sommet.
Étape 3 : Laissez sécher les boutures quelques heures à l’air libre, à l’ombre. Cette opération permet la cicatrisation de la plaie et réduit les risques de pourriture. Le pélargonium, plante grasse, supporte très bien cette attente contrairement à d’autres végétaux.
Étape 4 : Remplissez des godets de 8 cm avec un mélange léger composé de 50% de terreau pour semis et 50% de sable ou perlite. Humidifiez légèrement ce substrat drainant. Faites un trou avec un crayon sur 4 à 5 cm de profondeur.
Étape 5 : Plantez la bouture en enterrant 2 nœuds minimum. Tassez délicatement autour de la tige pour assurer le contact avec le substrat. Contrairement à beaucoup de végétaux, le pélargonium ne nécessite pas d’hormone de bouturage, son enracinement naturel étant très facile.
Étape 6 : Placez les godets dans un endroit lumineux sans soleil direct, à une température de 18 à 22°C. N’utilisez pas de cloche ni de sac plastique, l’humidité excessive ferait pourrir les boutures. Arrosez très modérément uniquement lorsque le substrat devient sec.
Étape 7 : L’enracinement intervient en 3 à 4 semaines. Vous constaterez la reprise par l’apparition de nouvelles feuilles au sommet. Attendez encore 2 à 3 semaines avant de rempoter dans un contenant définitif avec du terreau enrichi.
Hivernage des boutures
Les boutures réalisées en fin d’été hivernent dans un local hors gel (5 à 12°C), lumineux mais non chauffé : véranda, serre froide, garage avec fenêtre. Réduisez drastiquement les arrosages durant cette période de repos, maintenant simplement le substrat à peine humide.
Dès mars-avril, lorsque les jours rallongent, les boutures redémarrent vigoureusement. Reprenez progressivement les arrosages et apportez un premier engrais léger. Pincez les tiges principales pour favoriser la ramification et obtenir des plants bien touffus.
Hivernage et conservation des pélargoniums
Bien que cultivé comme annuelle, le pélargonium se conserve facilement d’une année sur l’autre moyennant quelques précautions. Cette pratique permet de réaliser des économies substantielles tout en préservant vos variétés favorites.
Pélargoniums en pot : hivernage simple
Dès l’annonce des premières gelées (généralement octobre-novembre selon les régions), rentrez vos pélargoniums en pot dans un local hors gel. Une température comprise entre 5°C et 12°C convient parfaitement : véranda non chauffée, garage lumineux, cave avec soupirail, serre froide.
Avant la rentrée, taillez légèrement les plants en rabattant les tiges d’un tiers environ. Supprimez toutes les fleurs, boutons floraux et feuilles abîmées. Cette opération réduit l’encombrement et limite les pertes d’eau par évapotranspiration.
Réduisez drastiquement les arrosages durant tout l’hiver à un apport mensuel minimal, juste suffisant pour éviter le dessèchement complet du substrat. Le feuillage peut partiellement jaunir et tomber, c’est normal. Cessez toute fertilisation jusqu’au printemps.
Dès mars, lorsque la luminosité augmente, rempotez dans un substrat frais, taillez sévèrement (ne conserver que 10 à 15 cm de tiges) et reprenez progressivement arrosages et engrais. Cette taille drastique stimule la formation de nouvelles pousses vigoureuses et rajeunit complètement le plant.
Pélargoniums en pleine terre : arrachage nécessaire
Les pélargoniums cultivés en massif doivent être arrachés avant les premières gelées. Déterrez délicatement les plants avec une fourche-bêche en conservant une motte de terre autour des racines.
Installez-les dans des pots adaptés remplis de terreau léger, taillez et hivernez selon la méthode décrite précédemment. Vous pouvez aussi ne conserver que quelques pieds représentatifs de chaque variété et bouturer le reste en fin d’été.
Conservation en mode « dormance sèche »
Une technique alternative consiste à conserver les pélargoniums en dormance quasi-totale dans l’obscurité. Arrachez les plants, secouez l’excédent de terre, taillez sévèrement les tiges (5 à 10 cm) et les racines.
Suspendez les plants tête en bas dans une cave fraîche (8 à 12°C) et sombre, ou stockez-les dans des caisses avec de la tourbe à peine humide. Vérifiez mensuellement que les racines ne se dessèchent pas complètement.
En mars-avril, rempotez dans du terreau frais, arrosez et exposez progressivement à la lumière. Cette méthode rustique donne d’excellents résultats mais demande une surveillance attentive.
Maladies et parasites du pélargonium
Le pélargonium jouit d’une résistance naturelle honorable, mais certains problèmes sanitaires apparaissent régulièrement. Nos spécialistes vous aident à les identifier et les traiter efficacement.
Maladies cryptogamiques
Pourriture grise (Botrytis cinerea) : Ce champignon se développe par temps humide et frais, provoquant l’apparition d’un feutrage gris-brun sur les feuilles, tiges et fleurs. Les tissus atteints ramollissent et pourrissent rapidement.
Supprimez immédiatement toutes les parties touchées et détruisez-les (ne pas composter). Améliorez la circulation d’air en espaçant les plants et en évitant les arrosages par aspersion. Réduisez l’humidité ambiante et les apports en eau. Un traitement préventif à base de décoction de prêle renforce les défenses naturelles.
Rouille du pélargonium (Puccinia pelargonii-zonalis) : Des pustules brunes ou orangées circulaires apparaissent sous les feuilles, tandis que le dessus présente des taches jaunes correspondantes. Le feuillage jaunit progressivement et chute prématurément.
Éliminez et détruisez toutes les feuilles atteintes dès les premiers symptômes. Évitez absolument de mouiller le feuillage lors des arrosages. En cas d’attaque sévère, traitez avec un fongicide biologique à base de soufre ou de cuivre, en respectant scrupuleusement les doses et précautions d’emploi.
Pourriture du collet et des racines : Causée par divers champignons du sol (Pythium, Phytophthora), cette maladie se manifeste par un flétrissement général malgré les arrosages. Le collet noircit et ramollit, les racines brunissent et pourrissent.
Cette maladie fatale résulte presque toujours d’un excès d’eau et d’un drainage insuffisant. Aucun traitement curatif n’existe une fois la maladie installée. La prévention reste la seule solution : substrat très drainant, arrosages modérés, jamais d’eau stagnante dans les soucoupes.
Ravageurs
Pucerons : Ces petits insectes verts, noirs ou rosés colonisent les jeunes pousses et les boutons floraux, déformant la croissance et affaiblissant le plant. Ils sécrètent un miellat poisseux favorisant la fumagine (champignon noir).
Éliminez les colonies par jets d’eau puissants répétés, ou traitez avec une solution de savon noir (3 cuillères à soupe par litre d’eau) pulvérisée sur toutes les parties atteintes. Les auxiliaires naturels (coccinelles, chrysopes) régulent efficacement les populations.
Aleurodes (mouches blanches) : Ces minuscules insectes blancs s’envolent en nuage lorsqu’on touche le plant. Ils piquent le feuillage qui jaunit et se couvre de miellat collant. Les larves plates et translucides colonisent la face inférieure des feuilles.
Installez des pièges jaunes englués qui capturent les adultes. Pulvérisez du savon noir ou de l’huile de neem sur le revers des feuilles tous les 3-4 jours durant 3 semaines. L’introduction de parasites naturels (Encarsia formosa) donne d’excellents résultats en serre.
Chenilles : Diverses chenilles dévorent le feuillage en créant des trous ou en déchiquetant les bords. Les dégâts restent généralement limités et localisés.
Inspectez régulièrement le feuillage et éliminez manuellement les chenilles visibles. En cas d’infestation sévère, traitez avec un insecticide biologique à base de Bacillus thuringiensis spécifique aux lépidoptères.
Araignées rouges : Ces acariens microscopiques prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Le feuillage se décolore, prend un aspect grisâtre poussiéreux, et de fines toiles apparaissent entre les feuilles.
Augmentez l’hygrométrie en vaporisant régulièrement le feuillage (le soir pour éviter les brûlures). Douchlez les plants à l’eau claire pour éliminer les acariens. Un acaricide naturel à base d’huile de colza peut s’avérer nécessaire en cas de forte attaque.
Les erreurs à éviter absolument
Selon notre expérience, certaines erreurs reviennent fréquemment chez les cultivateurs de pélargoniums. Voici les pièges les plus courants et leurs solutions.
1. Arroser excessivement par crainte du dessèchement : L’excès d’eau constitue la première cause de mortalité des pélargoniums. Cette plante originaire de zones semi-arides tolère remarquablement bien la sécheresse temporaire mais périt rapidement en sol gorgé d’eau. Adoptez la règle « dans le doute, n’arrosez pas » et vérifiez toujours l’humidité du substrat avant tout apport.
2. Planter en terre argileuse compacte sans drainage : Dans un sol lourd qui retient l’eau, les racines du pélargonium pourrissent en quelques semaines. Améliorez systématiquement les terres compactes avec 30 à 50% de sable grossier, gravier ou perlite. En situation très problématique, cultivez exclusivement en pot avec un substrat adapté.
3. Installer à l’ombre ou mi-ombre : Sans ensoleillement généreux (minimum 6 heures quotidiennes), le pélargonium s’étiole, développe un feuillage excessif au détriment des fleurs, et devient sensible aux maladies. Les tiges deviennent longues et fragiles, les fleurs rares et pâles. Réservez les situations ombragées à d’autres plantes tolérantes.
4. Négliger la suppression des fleurs fanées : Laisser les ombelles fanées épuise inutilement le plant qui investit son énergie dans la production de graines plutôt que de nouvelles fleurs. Ce simple geste bihebdomadaire prolonge la floraison de plusieurs semaines et maintient un aspect soigné. Considérez-le comme un entretien aussi essentiel que l’arrosage.
5. Utiliser un engrais trop riche en azote : Un excès d’azote stimule excessivement le feuillage qui devient luxuriant mais la floraison s’effondre. Privilégiez systématiquement des engrais spéciaux géraniums ou pour plantes fleuries (riches en phosphore et potassium) dès l’apparition des premiers boutons floraux.
6. Abandonner les plants après les premières gelées : Trop de jardiniers jettent leurs pélargoniums en automne alors qu’ils se conservent facilement plusieurs années. Un simple hivernage hors gel permet de retrouver vos variétés préférées chaque printemps avec une vigueur renouvelée, réalisant des économies substantielles.
Ce qu’il faut retenir sur la culture du pélargonium
Le pélargonium compte parmi les plantes fleuries les plus généreuses et faciles à cultiver pour balcons, terrasses et massifs ensoleillés. Sa floraison ininterrompue de mai aux gelées, sa tolérance à la sécheresse et sa facilité de multiplication en font un choix privilégié.
Les trois variétés principales – zonale dressé, lierre retombant et grandiflorum à grandes fleurs – offrent des possibilités décoratives infinies. Toutes exigent plein soleil, substrat drainant et arrosages modérés pour s’épanouir pleinement.
L’entretien se résume à quelques gestes simples : arrosage parcimonieux lorsque le substrat sèche, engrais hebdomadaire pour plantes fleuries, suppression régulière des fleurs fanées. Le bouturage enfantin permet de multiplier gratuitement vos variétés préférées.
L’hivernage hors gel garantit la pérennité de vos plants année après année, transformant cette « annuelle » en véritable vivace économique et sentimentale.
Questions fréquentes sur le pélargonium
Quelle exposition pour un Pelargonium ?
Le Pelargonium nécessite une exposition en plein soleil pour fleurir généreusement d’avril à octobre. Il tolère également la mi-ombre, particulièrement pour les variétés de géranium lierre qui s’adaptent à des conditions lumineuses moins intenses. Installez-le dans un emplacement abrité des vents violents pour protéger ses tiges semi-aoûtées et privilégiez un sol bien drainé, car il redoute l’humidité stagnante.
Quelle est la différence entre un géranium et un Pelargonium ?
Le géranium vivace est rustique et résiste au froid hivernal en pleine terre, tandis que le Pelargonium est originaire d’Afrique du Sud et craint le gel. Le Pelargonium présente des fleurs irrégulières avec deux pétales supérieurs plus gros que les trois inférieurs, alors que le géranium a cinq pétales identiques. Le fruit du Pelargonium ressemble à un bec de cigogne contre un bec de grue pour le géranium.
Est-ce que le Pelargonium éloigne les moustiques ?
Le Pelargonium à feuillage parfumé, notamment le Pelargonium graveolens, est réputé pour son action répulsive contre les moustiques grâce à son parfum de rose citronnée. Son feuillage dégage des huiles essentielles au froissement qui perturbent les moustiques et les éloignent naturellement. Pour optimiser cet effet, placez plusieurs pots sur votre terrasse ou balcon et froissez régulièrement les feuilles pour libérer leur fragrance protectrice.
Comment conserver le Pelargonium en hiver ?
Rentrez vos Pelargoniums avant les premières gelées car ils ne supportent pas le froid en dessous de 0°C. Placez-les dans une pièce lumineuse et fraîche entre 5 et 10°C, comme une véranda ou un garage avec fenêtre, et réduisez drastiquement les arrosages. Taillez les tiges d’un tiers pour limiter l’encombrement et supprimer les parties abîmées avant l’hivernage. Au printemps, ressortez-les progressivement après les dernières gelées pour une floraison abondante.
Quelle est la différence entre géranium et pélargonium ?
Le terme « géranium » désigne couramment le pélargonium, mais botaniquement ce sont deux genres distincts. Les vrais géraniums (Geranium) sont des vivaces rustiques supportant le gel, à floraison printanière limitée. Les pélargoniums (Pelargonium) sont des plantes gélives d’origine sud-africaine, cultivées comme annuelles, offrant une floraison estivale continue. Dans le langage courant, « géranium » désigne presque toujours le pélargonium des balcons.
Pourquoi mon pélargonium ne fleurit-il pas ?
Plusieurs causes expliquent l’absence de floraison : manque de soleil (moins de 6h quotidiennes), excès d’engrais azoté qui favorise le feuillage, arrosages excessifs, pot trop grand, ou absence de suppression des fleurs fanées. Corrigez l’exposition, utilisez un engrais spécial géraniums riche en phosphore, réduisez les arrosages et pincez les tiges pour stimuler la ramification et la formation de boutons floraux.
Comment conserver les pélargoniums l’hiver ?
Rentrez les plants en pot avant les premières gelées dans un local hors gel (5-12°C) et lumineux : véranda, garage avec fenêtre, serre froide. Taillez d’un tiers, supprimez fleurs et feuilles abîmées. Réduisez drastiquement les arrosages à un apport mensuel minimal. En mars, rempotez dans du terreau frais, taillez sévèrement et reprenez progressivement arrosages et engrais. Taux de survie supérieur à 90%.
Peut-on cultiver le pélargonium en intérieur ?
La culture en intérieur permanent reste difficile car le pélargonium exige un ensoleillement intense (minimum 6h de soleil direct) rarement disponible derrière une fenêtre. L’air sec et confiné favorise araignées rouges et aleurodes. Seul le pélargonium grandiflorum tolère mieux l’intérieur durant sa floraison printanière. Privilégiez balcons, terrasses et jardins pour les autres variétés. Un séjour temporaire en intérieur lumineux reste possible.
Quand et comment bouturer les pélargoniums ?
La période idéale s’étend d’août à septembre pour un hivernage des boutures et des plants vigoureux au printemps. Prélevez des tiges saines non fleuries de 10 cm, supprimez les feuilles inférieures, laissez sécher 2-3h, puis plantez dans un mélange léger (terreau + sable). Pas besoin d’hormone ni de cloche. Enracinement en 3-4 semaines. Taux de réussite de 80-90%. Bouturage printanier possible mais plants moins développés la première année.
Les feuilles de mon pélargonium jaunissent, que faire ?
Le jaunissement indique généralement un excès d’eau (cause principale), une carence nutritive, ou un substrat épuisé. Vérifiez le drainage, espacez les arrosages et videz les soucoupes. Apportez un engrais complet pour géraniums riche en fer et oligo-éléments. Si le substrat n’a pas été renouvelé depuis 2-3 ans, rempotez dans du terreau frais enrichi. Supprimez les feuilles très jaunes qui ne reverdiront pas.